16 mars 2012

[Poker] Mathilde et Charlotte
extrait offert de Poker is War

Poker, voyages et libertinage font bon ménage

Le chapître 13 de Poker is War traite du contrôle du pot. Le volet technique de ce chapitre a été publié dans cinq numéros consécutifs de Poker Magazine, Card Player - France en 2011, à l'initiative de Franck Daninos, rédacteur en chef.




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Poker is War
Technique : 40 pages offertes 

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Voici la fin du chapitre, qui illustre la mise en scène de ce livre technique, dont vous pouvez télécharger un apperçu assez complet ici. Le croustillant passage scénarisé de Mathilde et Charlotte est offert en l'honneur de tous les auditeurs de Club Poker Radio, comme annoncé lors de l'émission Saison 5 du 13 mars 2012.




Synopsis
À ce stade de l'apprentissage avec ses deux coaches très exigeants, Gwen et Siyah, notre héros Soren décide qu'il est temps de prendre du recul, de commencer à voler de ses propres ailes.

Les bruxellois ont apprécié cette attention, comme en témoigne Stefal dans son article de Planet Poker.


 


Mathilde et Charlotte


[...]
– Faut juste aimer l’adrénaline.
– C’est aussi pour cela que nous jouons. C’est aussi cela le contrôle du pot.
– J’aime bien votre leçon : ça me donne plein d’idées.
– Tant mieux, elle se termine là. Je dois rejoindre Annaig. Siyah te contactera dans un mois. Elle te prépare une session intensive sur le jeu post flop, m’a-t-elle confié.
– Une session intensive ? Eh bien, ça promet.
– Bon, je te laisse. Si tu cherches un endroit pour déjeuner, je te recommande la Bonne Humeur, on y trouve les meilleures moules-frites de Belgique. C’est chaussée de Louvain, je crois, les taxis doivent connaître.



Photo publiée par Stefal sur Planet Poker



Il m’a déjà fait le coup avec ses pizzas maltaises. Autant je peux me fier à son expertise sur le poker, autant j’émets d’énormes réserves sur ses compétences de critique gastronomique.

– Merci pour l’adresse, je crois que je vais me balader un peu, j’aviserai ensuite. Bonne chance avec votre séminaire.




Tu parles. Me voilà seul comme un con dans une ville que je connais à peine. Et cette formation qui m’use… Je ne m’attendais pas à ce qu’elle fût si difficile. Il y a la théorie à assimiler, évidemment, et je dois revoir entièrement ma façon de jouer, je m’en doutais, je l’espérais même. Mais j’ai aussi l’impression de tomber sous le joug de mes coachs. Le vieux m’a bien encore secoué ce matin avec sa leçon express, et puis l’image de Siyah ne me quitte pas. Après la douche froide de Venise, mieux vaut que je n’y pense pas trop. J’ai soudain un grand besoin d’air. Puisque j’avais prévu de rester le week-end, je décide de me prendre une chambre dans un hôtel plus abordable, je n’ai pas les moyens de mon coach. J’y dépose mon sac, je passerai à la gare changer mon billet. En sortant de l’hôtel, je suis capté par l’ambiance de la Grand-Place. J’oublie vite les visites culturelles, pas envie d’Atomium, de BD, de Brel, de Manneken-pis. Je préfère suivre les conseils de mes potes du forum de Wallonie Poker. Je retourne vers mon hôtel après une journée calme où j’ai flâné dans les rues et les parcs.


Bruxelles : la Grand-Place


Il est presque vingt-deux heures lorsque j’emprunte la rue des Harengs. J’aperçois un couple entrer dans ce qui ressemble vaguement à un bar. Arrivé à la hauteur de l’endroit, je découvre une devanture lugubre : je suis devant le Cercueil. Je gravis l’escalier qui termine le couloir d’entrée pour découvrir un lieu avec une conception particulière de l’accueil. Des cercueils font office de table. Un vrai décor de scary movie. C’est sûrement un attrape-touristes mais il m’en faut plus pour me décourager, d’autant que je n’ai bu que de l’eau et du café pendant la journée. J’ai soif de découverte.

Je commande un premier cocktail à la santé des morts que l’on me sert dans un crâne fraîchement poli. Ça me rappelle une vieille tradition familiale, mais alors très ancienne. Au moins celui-ci n’a jamais vraiment servi, contrairement au cercueil qui, m’indique-t-on, est « d’occasion ». J’ai à peine commencé soft par « l’Élixir de la vierge » que je suis déjà tenté par le « Sperme du démon ». La charmante barmaid me fait habilement remarquer que la formule « Descente aux enfers » offre un cocktail pour quatre payés. Une telle proposition susurrée dans le noir ne se refuse pas.


Photo publiée par Stefal sur Planet Poker


La clientèle, de ce que je discerne avec cet éclairage minimal, est composée en majorité de gothiques. Tatouages, piercings, rangers, bas résilles, bref, pas trop ma came. Quelques touristes sont venus s’encanailler. On me rangerait plutôt dans le deuxième groupe si je n’étais pas seul. Au milieu d’un « Orgasme » au goût fruité sans plus, j’ai subitement besoin de gaité. Au bar, une fille sort du lot : la seule qui ne soit pas sapée en noir, si j’exclus ma serveuse qui discute justement avec elle. La fille est athlétique, cheveux châtains mi-longs, le dos droit et cambré, vêtue d’un pantalon slim, très slim, et d’une tunique décolletée. Elle s’appelle Charlotte et me laisse la draguer gentiment sous les yeux amusés de la barmaid.

J’apprends qu’elles sont amies d’enfance. Charlotte est native de Krinkelt, au cœur de la forêt des Ardennes belges, et Mathilde de Rocherath, les célèbres « villages jumeaux » de 1944 paraît-il. Jamais entendu parler… Sujet suivant, bien sûr. Charlotte a envie d’air, elle aussi, et l’amusement de Mathilde se transforme peu à peu en complicité. J’ai soudain envie de voyager, loin, prendre l’air moi aussi.

– Qu’est-ce qui te retient ici, Soren ?
– Rien encore, Charlotte.
Gwen m’a bien fait comprendre qu’il avait d’autres chats à fouetter, et Siyah est aux abonnés absents.
– Et à Paris ?
– Pas grand-chose dans les semaines à venir.

Sur un coup de folie, je leur propose de les emmener au bout du monde, toutes les deux. Partir pour les Marquises comme Brel et Gauguin, ou les Mascareignes comme Baudelaire, la Patagonie comme Saint-Ex… Elles sourient, se regardent, me toisent, puis elles acceptent, sans un mot superflu. Reste à savoir où. J’ai passé la matinée à écouter Gwen m’expliquer que tout peut être planifié, même préflop, je passe la soirée à improviser au gré de nos délires. Je planifie que dalle. Nous fantasmons sur un tas de destinations mais finalement, Charlotte souhaite se dépenser. L’île Maurice, candidate de Mathilde, est finalement délaissée au profit de La Réunion voisine. Le programme est clair : plongée, trekking, canyoning et parapente.

Nous élaborons quelques plans sur la comète le temps que Mathilde termine son service. Elle est blonde, généreuse et enjouée, surtout lorsqu’elle troque son uniforme gothique pour une tenue plus sexy. Je les invite dans ma chambre ; mon netbook servira à d’autres projets que le poker. Un peu de surf et nous réservons nos billets Bruxelles-Réunion directs dès le lendemain.

Ensuite, lorsque mon lit nous accueille, je découvre entre les deux fausses ingénues un peu plus que de la complicité.

Le lendemain, disons trois heures de sommeil plus tard, Mathilde reviendra sur sa décision. Elle reste finalement à Bruxelles, son travail, ses études, tout ça… Je l’embrasse longuement. Sa copine aussi. Avec Charlotte, nous décollons en fin d’après-midi. 11 000 km plus tard, basés au spot de plongée de Saint-Gilles, nous rayonnons sur l’île où je pratique une activité physique ultra-intensive avec la Miss, de jour comme de nuit. Nous sympathisons avec Paulo, un prof de canyoning qui nous fait débuter par les cinq décrochés de Sainte Suzanne, pour enchaîner par les grands toboggans de Trou blanc puis le vertigineux Trou de fer où je galère à mi-hauteur avec mon grappin : grosse frayeur.


Canyioning : Trou Blanc


Canyioning : Trou de Fer



En comparaison, le parapente c’est du freeroll. Puis nous arpentons jour après jour les trois cirques de l’île : Salazie sous la pluie, Mafate sauvage avec ses tamariniers biscornus, et Cilaos semi-tropical. Grimpette au Piton des neiges à 3 000 mètres, enchaînée avec la descente au fond de Grand Bassin. Plonger de huit mètres est devenu naturel pour Charlotte. Je relance régulièrement à douze mètres. Elle ne 3-bet jamais. Pas son style. Ça me change. Ouf. Nous dormons dans des gîtes spartiates en tôle ondulée. Je suis crevé, mais je suis vivant. Un regain de forme physique après quatre mois à grinder derrière un écran, je m’éclate. À l’extrémité est de l’île, nous courons quinze kilomètres sur le plateau de la Fournaise, entre les fumerolles, dans une ambiance martienne de gris et de rouges, puis nous survolons les coulées de laves en hélicoptère.


Cirque de Cilaos


Grand Bassin


La Fournaise


Cirque de Salazie


Cirque de Mafate


Ce bonheur dure un mois, largement couvert par ma bankroll en pleine croissance. Je run comme Jésus. Un mois déjà sans penser poker à longueur de journée. Mais mes coachs m’attendent. La prochaine rencontre sera avec Siyah, seule, dont l’emprise ne s’est pas totalement estompée malgré tout. Je pourrais tout plaquer et rester avec Charlotte, mais l’envie de continuer ma formation, le besoin bizarre de revoir le regard sombre de Siyah. J’en parle ouvertement. La Miss prend le pari de rester. Elle va s’installer ici, à Saint-Gilles, elle a déjà les diplômes, et presque le niveau technique pour trouver un job d’animation sportive. Et puis il y a Paulo… Pour combien de temps ? Nous profitons d’une dernière semaine ensemble avant que je me résigne à partir, à refermer cette délicieuse parenthèse salvatrice.






Retour à Paris, gris à l’extérieur, comme à l’intérieur. Retour au poker.

– Allo, c’est toi Siyah ?
– Ciao Soren, j’ai prévu de te sortir un peu. Ça te fera le plus grand bien. Prépare tes valises, nous décollons ce week-end.
Si elle savait… Elle poursuit :
– Tu n’as pas été très actif ces dernières semaines.
– Qu’est-ce que tu veux dire exactement ?
– J’ai l’habitude de suivre ton évolution sur pokertablerating, cash games, tournois, rien ne m’échappe, qu’est-ce que tu crois ? T’as rien fait ce mois-ci. Tu as changé de pseudo ?
– C’est pas ça, mais…
– Je plaisante, topolino, décoince-toi. Bon, allez, on se voit vendredi. On part pour le week-end. Je t’envoie les coordonnées du vol par mail. Ciao bello !


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Coucours photo permanent sur Poker is War, ouvert à tous.



Sur le même thème...
À lire, sur Vers Minuit, le blog littéraire de Franck Garot,
écrivain et co-auteur de Poker is War :
Poker is War, ménage(s) à trois 




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Articles Praxeo poker 2012


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Extrait de Poker is War

Texte de Alexis Beuve, Yann Le Dréau, Franck Garot
(c) Praxeo 2011


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