3 févr. 2011

[Othello] Le trésor de la FFO

Le trésor de la FFO

La Fédération Française d’Othello met à disposition de tous le plus grand témoignage documentaire jamais publié en France. Cet article en témoigne.

Comme les dames, bientôt le bridge, et dans une moindre mesure Abalone, le jeu d’Othello est l’un des plus beaux parmi grands classiques, mais il souffre d’un phénomène chronique que j’ose appeler « l’absence d’une classe moyenne ». Tout le monde « connaît », tout le monde « sait » jouer, tout le monde a fait quelques parties, en général assez jeune ou enfant et puis… plus rien, ou presque. En France, un nombre insuffisant de passionnés poussent plus loin la découverte, l’analyse, le jeu en club et en compétition.

Et voici le résultat : d’un côté, une masse de néophytes qui passe à côté d’un trésor, et de l’autre, une élite de passionnés et de champions qui s’investit, produit, communique, transmet, voyage, remporte des titres, dans l’ignorance la plus totale du grand public. Mais aujourd’hui, il se passe quelque chose de majeur dans cette communauté… que je dévoilerai à la fin de l’article.


Si vous voulez jouer (intelligemment) tout de suite cliquez ici.
Si vous en trouvez 1 sur 10, vous avez un don !
(mais vous serez meilleur encore si vous lisez l’article d’abord)


Othello, le jeu
Surprises et contrepieds pour les habitués des échecs et du go

Faut-il présenter Othello ? Oh que oui ! Sous un nouvel angle peut-être.
Le jeu de go et même le shogi sont déroutants pour les joueurs d’échecs, parce qu’il n’y a rien à capitaliser : il faut réapprendre, découvrir d’autres considérations, d’autres raisonnements. Othello réserve aussi quelques surprises de fond à tous les joueurs.

1/ Othello est le seul grand classique où l’initiative n’est pas un avantage : on cherche surtout à contraindre l’adversaire à jouer de mauvais coups, le balader sur des cases ou des diagonales dangereuses. On cherche des coups gote !

2/ Les coins sont plus forts que le centre : et pourtant, c’est au centre qu’on va se battre, selon des critères qui paraîtront contre-intuitifs, si ce n’est abstraits de prime abord ; tiens, d’un certain point de vue, n’est-ce pas exactement le contraire au go (à quelques raccourcis près) ?

3/ Il existe (bien sûr) de vastes bibliothèques d’ouvertures. Comme d’habitude, je me dois d’apporter un petit quelque chose. Voici un fichier interactif et visuel des ouvertures d’Othello. J’ai fait ça il y a longtemps à partir des sources de la FFO pour mon usage personnel. Il est possible que quelques ouvertures aient évolué, mais c’est largement suffisant pour permettre à tous les débutants de ne commettre aucune erreur… jusqu’au 43ème coup (parfois).


Télécharger
(fichier .ppsx Office 2007. Contactez-moi si incompatibilité)

4/
En milieu de partie, on raisonne plus volontiers sur les cases vides que sur les cases pleines. Lorsque vous découvrirez les formidables articles de la FFO sur les sacrifices dans les trous impairs, vous comprendrez… Les études de la Benoni aux échecs insistent aussi sur ce genre de principe : le contrôle des cases vides.

5/ Les pointes tactiques s’appellent… allez, c’est trop facile : tesuji, suprématie japonaise oblige.

6/ Noir recherche une inversion de parité.
Noir commence la partie, mais il souhaite aussi jouer le 60e et dernier coup, pour placer le dernier pion, car tous les pions retournés au dernier coup sont définitifs. Noir cherche donc à passer ou faire passer Blanc un nombre impair de coups. Vous le saviez ?

7/ À Othello, on ne cherche pas le meilleur coup ! On cherche à optimiser l’écart entre notre choix et la riposte adverse et ce, sur une profondeur de plusieurs coups successifs parfois impressionnante. C’est le fameux Minimax, universel aujourd’hui dans presque tous les algorithmes de jeu, et que l’on doit bien aux premiers programmeurs d’Othello. Ah ! Bienheureux soient les premiers développeurs de la fonction Minimax récursive sur un plateau d'Othello modélisé… en une seule dimension (j’en étais).

8/ L’informatique est reine. Ce n’est pas un problème, mais un champ de recherche inépuisable. Othello, plus que tout autre jeu peut-être, a fait considérablement évoluer les algorithmes de jeu, les fonctions d’évaluation et de tri (vers l’arborescence intelligente). Le Minimax était la première pierre, vous trouverez sur le site de la FFO une rubrique informatique qui rend abordable des concepts de décisions complexes : alpha-bêta, NegaMax, fail soft, NegaScout, etc.


La fédé

Je vous invite sans plus tarder à découvrir la puissante Fédération Française d’Othello. Vous ne saviez peut-être pas qu’il existait une fédération française ? Pourtant, sa production et son engagement sont reconnus dans le monde entier. Vous y découvrirez les logiciels extraordinaires (et tous gratuits) Wzebra, Forest et Cassio, puis la base Thor, une initiative française (je crois), en fait un travail titanesque de bénévoles qui offrent (vraiment gratuitement) à la communauté de joueurs des outils de jeu et d’analyses tout à faire comparables à ChessBase aux échecs.





Les champions

Ensuite, découvrez l’élite, y compris plusieurs champions du monde. En 1984, le français Paul Ralle avait créé la surprise (à 16 ans !) en mettant fin à l’hégémonie sans partage du Japon et des États-Unis. Marc Tastet a gagné en 1992 avec, dans son sillage, de nombreux joueurs qui évoluent à haut niveau : Emmanuel Lazard, Emmanuel Caspard, Stéphane Nicolet et bien d’autres. Les grandes nations d’Othello sont avant tout le Japon (pays où le jeu anglais du XIXe siècle Reversi a été « redécouvert » en 1971), puis les États-Unis (en déclin), les Pays-Bas, la France et l’Italie, ces cinq pays se sont partagé tous les titres suprêmes. L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont toujours joué à très haut niveau, mais attendent encore leur première consécration. D’autres nations émergent : la Chine, bien sûr, et aussi la Malaisie, le Canada, l’Espagne, la Thaïlande. Ainsi, même si Othello est « résolu » (les algos gagnent depuis bien longtemps), il reste en croissance, et ce phénomène est mondial.


Les livres

J’aurais rêvé de publier un livre d’Othello dans la collection Praxeo, un livre qui, comme d’habitude chez nous, « pousse un peu » ; mais j’ai rencontré trois problèmes :

1/ Il existe déjà de très bons livres, et ils sont souvent gratuits !
Exemple : les e-books À la découverte d’Othello d’Emmanuel Lazard ou Othello book de Brian Rose (vous les trouverez facilement). On trouve aussi de quoi démarrer chez mes concurrents habituels (fair play).

2/ Un marché anormalement confidentiel
Eh oui, la fameuse « classe moyenne » des joueurs réguliers qui souhaitent progresser est insuffisamment fournie, du moins sur le périmètre francophone, comme exposé en introduction. Dommage. Toutefois, chers lecteurs, n’hésitez pas à faire part de vos attentes en bas de ce post. On ne sait jamais…

3/ Le trésor de la FFO
Venons-en aux faits, c’est l’objet de cet article.


Fforum : le trésor de la FFO

Depuis trente ans, les auteurs et les champions de la FFO publient des articles et des chroniques d’une grande qualité dans la revue Fforum. Cette production éditoriale en 84 volumes représente plus de 2000 pages. Mes livres à côté ressemblent à des fascicules ! Aujourd’hui, la FFO met ce trésor à la disposition de tous. Ce n’est pas tout à fait gratuit, mais presque : 50 centimes par numéro.


En tant qu’éditeur de livres, je salue ici la plus belle initiative éditoriale que je connaisse dans le monde des jeux. À ne pas manquer. Accès direct.


Je ne référence donc qu’un seul lien dans cet article, celui de la Fédération Française d’Othello - www.ffothello.org/ - où vous trouverez tout ce dont un joueur peut rêver, puis je passe le relais.

Alexis Beuve
(c) PRAXEO 2011

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