25 oct. 2012

[Stratégies] Épisode IX - Mikhaïl Tal







"Il y a deux sortes de sacrifices :
Les bons et les miens."

Mikhaïl Tal, champion du monde 1960


Mikhaïl Tal, alors champion du monde en titre, contre Bobby Fischer

Mikhaïl Tal (Lettonie, 1936-1992), a été champion du monde d’échecs en 1960, mais aussi champion du monde de blitz en 1988, devant Youssoupov, Tchernine, Vaganian, Kasparov et Karpov. Il est connu pour ses sacrifices spectaculaires. On le surnommait « le magicien de Riga ». Il fumait beaucoup et buvait tout autant.

« Il y a deux sortes de sacrifices : les bons, et les miens. »

Tal est parmi les joueurs d’échecs qui ont accepté avec enthousiasme les plus hauts niveaux d’incertitude, les plus grandes prises de risque, puisqu’il déclarait ironiquement lui-même qu’elles étaient souvent mal jouées ! C’est du moins l’impression qu’il voulait donner ; mal jouée d’après « un certain courant de pensée », comprendre en particulier « l’École Scientifique Soviétique ».

Il peut paraître étrange de mettre Mikhaïl Tal en avant dans un exposé sur la stratégie, puisque bon nombre de spécialistes des échecs s’accordent sur ses fantastiques capacités tactiques, par opposition, par exemple, à la doctrine positionnelle de l’École Scientifique Soviétique qu’il a affronté pour la course aux titres mondiaux. De ce point de vue, Botvinik eut sans doute été un meilleur représentant. Pourtant, j’insiste sur ce choix d’après la définition que je souhaite donner à la stratégie. La stratégie n’est pas le jeu positionnel (par opposition au jeu tactique, calculatoire). La stratégie est délibérément liée au processus de décision, et à l’acceptation du risque, risque dont les vecteurs par excellence aux échecs sont l’acceptation de hauts niveaux d’incertitude et le sacrifice.

Et sur ce plan, bon nombre de joueurs d’échecs cultivés me rejoindront sans doute : Tal a atteint des sommets vertigineux.

Tal sublime les qualités du bon stratège :

  • Courageux
  • Combattif
  • Créatif
  • Talentueux
  • Ingenieux
  • Perturbant
  • Attachant
  • Poète...

Bref, lorsque Tal part à l'attaque, il me rappelle ceci :

Plaquette Praxeo à l'Agile tour, Paris 2012

Pour aller plus loin voici les vingt plus beaux sacrifices de Mikhaïl Tal 

http://www.chessgames.com/perl/chesscollection?cid=1007969

Et enfin, pour la beauté du geste, la présentation d’un problème absolument monstrueux, résolu par Tal en une heure (il marchait, réfléchissant sans échiquier après avoir mémorisé la position), où Kasparov et Karpov ont renoncé ! À ce niveau, j’ai presque envie d’arrêter de réfléchir, voir d’arrêter la pratique les échecs, tellement le gouffre est abyssal. Contempler la beauté du geste. Lâcher la science, conserver la poésie.

What TAL solved but KASPAROV,KARPOV couldn't !! - Chess.com

Les joueurs de go et de shôgi doivent absolument voir cela. L'effoyable solution de Tal consiste à "sacrifier pour déformer", à deux reprises. Une fois que l'adversaire a adopté "une mauvaise forme", Tal entame un combinaison tactique venue de l'espace, où tous les coups ne sont même pas forcés !

À titre personnel, je trouve que Tal m'aide à mesurer l'étendue de mon ignorance et de ma nullité. Inutile d'évoquer une quelconque "marge de progrès" politiquement correcte.




Sur la base de cette étude, Praxeo anime une conférence à l'AGILE TOUR 2012, à Paris le 20 novembre et à Montpellier le 29 novembre, sur le thème
"La stratégie du Product Owner".







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